• Publié par Akim Demora

Retail expérientiel et métavers : comment l’émotion devient un levier stratégique pour engager la génération Z.

  • Expérience et relation client
  • Magasin connecté

Le retail se transforme pour répondre aux attentes d’une nouvelle génération de consommateurs en quête d’émotions et d’interactions. L’étude de Républik Retail décrypte les tendances qui redessinent l’engagement client à travers le gaming, les avatars et les expériences immersives.

Depuis quelques années, l’expérience client dépasse la simple transaction : elle devient un catalyseur d’engagement, de mémorisation et de fidélisation. Les jeunes consommateurs, en particulier la génération Z, privilégient les expériences aux biens matériels, poussant les marques à repenser leurs dispositifs relationnels. Les dépenses liées aux expériences ont ainsi progressé de 32 % en cinq ans, et 86 % des membres de la génération Z affirment préférer dépenser dans des expériences que dans des produits physiques. Cette tendance rebat les cartes de la stratégie client des retailers, appelés à proposer des formats hybrides, immersifs, et émotionnels.

Points clés

  1. L’essor du « competitive socializing » dans les lieux physiques
    Le concept de « competitive socializing » émerge comme une réponse à la quête d’interactions sociales ludiques. Des lieux comme Swingers Crazy Golf (mini-golf et bar à cocktails) ou Beat the Bomb (escape game avec combinaison anticombustible) créent des environnements immersifs où divertissement, commerce et partage se mêlent. Leur force : proposer des expériences instagrammables, virales, à fort capital émotionnel, répondant à la logique de gamification et d’appartenance. Ces lieux deviennent aussi des relais de marques, où le produit s’efface au profit de l’émotion vécue et partagée en ligne.
  2. Les plateformes de gaming comme nouveaux malls digitaux
    Roblox, Fortnite ou encore Minecraft ne sont plus de simples jeux vidéo : ce sont des mondes persistants, sociaux et commerciaux. Les marques de mode, telles que Balenciaga, Gucci, Adidas ou Lacoste y développent des collections digitales exclusives, souvent plus rentables que leurs versions physiques. Les expériences immersives y sont scénarisées, interactives, et calibrées pour l’engagement : défilés virtuels, mini-jeux sponsorisés, ou quêtes brandées. Les utilisateurs y consomment des biens digitaux avec une logique identitaire et communautaire forte, créant de nouveaux modèles économiques pour les retailers.
  3. L’avatar comme extension émotionnelle du consommateur
    Les identités numériques prennent le pas sur les apparences physiques : 56 % des membres de la génération Z déclarent accorder plus d’importance à leur avatar qu’à leur propre look. Les avatars deviennent des terrains d’expression et de personnalisation, avec un attachement émotionnel fort envers les marques qui les habillent ou les personnalisent. 80 % des utilisateurs se sentent plus proches des enseignes qui leur permettent de customiser leur avatar (ex. : skins, accessoires, logos). Cela redéfinit la relation client : la valeur ne repose plus sur le produit mais sur la capacité de la marque à co-créer une image digitale avec le consommateur.
  4. Les expériences immersives comme catalyseurs d’engagement émotionnel
    L’impact émotionnel devient un indicateur de performance. Les marques misent sur des expériences immersives (réalité augmentée, spectacles sensoriels, design sonore) pour activer des souvenirs et générer de la rémanence. L’exemple du flagship Timberland à New York illustre cette approche : forêt immersive, odeurs boisées, parcours scénarisé. Ce type d’environnement crée un lien émotionnel fort, ancré dans la mémoire du client, au-delà de la simple fonctionnalité produit. On observe aussi cette logique dans les événements phygitaux comme les défilés de mode en réalité mixte ou les pop-ups immersifs.
  5. L’émotion comme nouvelle devise dans le parcours client
    L’engagement émotionnel est désormais monétisable : les marques l’utilisent pour bâtir des communautés, générer du contenu UGC, ou favoriser la récurrence d’achat. Les métriques classiques (taux de clic, conversion) sont progressivement complétées par des indicateurs émotionnels : viralité sociale, intention de partage, souvenir mémoriel. Le storytelling et la scénarisation deviennent des outils clés pour capter l’attention et déclencher l’achat ou la recommandation. Cela demande aux retailers de se doter d’outils de mesure qualitatifs et de compétences créatives pour orchestrer ces parcours émotionnels.

Insight

Le commerce d’aujourd’hui ne se contente plus de vendre des produits, il vend des ressentis, des souvenirs et des interactions. Cette évolution implique une transformation du modèle de relation client, intégrant des expériences immersives aussi bien dans les points de vente que sur les plateformes numériques. Les retailers doivent investir dans le développement d’environnements expérientiels hybrides et collaborer avec des acteurs du gaming pour capter une audience native du digital. Les marques qui réussiront seront celles capables de raconter des histoires, de co-créer avec leurs communautés et de valoriser l’émotion comme une ressource stratégique.

Pour aller plus loin

  1. Intégrer le storytelling immersif dans les parcours clients, physiques et digitaux, pour susciter l’émotion et l’engagement.
  2. Collaborer avec des plateformes comme Roblox ou Fortnite pour créer des collections virtuelles et interagir avec la Gen Z.
  3. Exploiter les avatars comme supports de branding et de fidélisation personnalisée.
  4. Mesurer les KPI émotionnels (intention de partage, souvenir, attachement) en complément des données transactionnelles.

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